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L'expression de la semaine

29 mar
Tempo di lettura: 1 min

“Travailler au noir” / “Faire du marché noir”


Travailler clandestinement, sans être déclaré / Faire du commerce illégal en période

de restrictions ou de pénurie.


Dans les deux expressions, qui correspondent à des activités hors-la-loi, la notion de dissimulation est évidemment présente et le qualificatif noir employé ici est lié au fait que, quand on veut dissimuler ce qu'on fait, il vaut mieux le faire dans l'obscurité d'une cave que dans la rue en plein jour.Si le marché noir est généralement associé à la période d'occupation pendant la seconde guerre mondiale, il est certain, d'après Claude Duneton. que l'appellation est née avant, au moins à la fin de la guerre 14-18 en Allemagne, à une période où le pays subissait d'importantes pénuries ; le qualificatif 'schwarz' (noir) était déjà employé dans des termes comme 'Schwarzarbeit' (travail [au] noir), 'Schwarzmarkt' (marché noir), 'Schwarzschlachtung' (abattage clandestin) ou 'schwarzhören' (écouter la radio sans payer la taxe), pour ne citer que ceux-là. C'est donc l'Allemagne qui serait à l'origine des expressions qui ne seraient que des traductions littérales. Il existe toutefois une autre origine évoquée çà et là, nettement plus ancienne, puisqu'elle viendrait du Moyen-Âge, mais qui reste à confirmer. Selon cette hypothèse, à cette époque, on ne devait travailler qu'à la lueur du jour. Cependant, certains maîtres, peu enclins à bien considérer leurs ouvriers ou serfs, n'hésitaient pas à les faire travailler illégalement une fois la nuit tombée, à la lueur de quelques bougies. Ce serait de ce travail de nuit dissimulé parce que non autorisé que l'appellation "travail noir" puis "travail au noir" serait née.


par Rollande Mazollier

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